26 avril 2005
Des thes d'Asie au cafe d'Afrique...
Le Voyage a decidemment quelque chose de surprenant... Une de ces facultes incroyables a vous transporter a l'autre bout du monde, sans pour autant vous assigner a une nouvelle culture, uniquement. Je m'explique, car tout ceci est bien flou pour la personne qui ne voit pas de quoi je parle !
Le Voyage, c'est la decouverte d'un nouvel horizon culturel. Nous sommes d'accord. Mais le Voyage, c'est aussi la rencontre d'une nouvelle perception de la mixite culturelle, d'une autre facon de percevoir l'autre, "l'Etranger", dans un pays ou les rapports a la difference sont bercees par des valeurs et des prejuges souvent bien eloignes de ceux de notre propre pays. Je parle en effet de cette forme de racisme qui se deploie differemment en fonction de notre histoire, de celle de notre pays, de nos croyances et de nos connaissances.
Les Thais ne sont pas foncierement "racistes" : je dirai qu'ils aiment les Occidentaux en general, avec une admiration toute particuliere pour les europeens dont ils apprecient le raffinement (qu'ils evaluent au travers des langues, des architectures, des traditions culinaires ou encore des influences au niveau de la mode internationale). Cependant, les Thais detestent la concurrence directe, et sont extremement rancuniers... Cela explique leur haine persistante envers les birmans (rappelez-vous de leurs confrontations au cours de l'histoire du Siam), et leur mefiance envers certains autres pays asiatiques qui pourraient tenter de ronger sur leur terrain... Querelles historiques, economiques ou de rayonnement culturel, que nous pouvons encore aisement comprendre (ce qui ne signifie pas accepter).
Mais les choses se compliquent lorsque l'on etend encore un peu plus la carte du monde... Les Thais (et sans pour autant en faire une verite generale, les asiatiques) "detestent les noirs", pardonnez-moi l'expression. De publicites racistes en discriminations dans le quotidien, les preuves en sont nombreuses, et evidentes. Et mon travail avec de nombreux refugies africains ne m'encourage pas a dire le contraire : le gouffre culturel entre ces deux peuples est aussi profond que les noirs sont noirs et que les thais aspirent a etre blancs ! Nous avons a NCCM de nombreux clients originaires du Congo, du Soudan, du Niger, de Cote d'Ivoire... et les faits montrent qu'ils sont parmi les plus exposes aux abus de la police thaie. De meme pour beaucoup de prisonniers africains dans les prisons de Bangkok : la loi du sol regne en maitre entre leurs murs, poussant les autorites thaies a se mettre systematiquement en cas de conflits du cote des condamnes thais. Pour l'exemple, un Nigerien a ete la victime d'une vengeance orchestree par des prisonniers thais a la prison de Klong Prem la semaine derniere : 6 coups de poignards sans intervention des gardes en presence...
Pourquoi est-ce que je vous parle de cela ??! Juste parce que je souhaiterai vous faire partager un de ces moments magiques que l'on ne peut rencontrer que par pur hasard, dans la magie d'une rencontre et d'un instant de grace. Un de ces moments ou, au dela des prejuges et des racismes nationaux, la richesse d'une culture vous eclate a la figure et vous laisse cloue sur place... Lorsqu'une de ces visites que je fais regulierement se transforme en une decouverte d'un univers et de croyances inconnues :
Je vous presente Sofia, une maman originaire d'Erythree, en Afrique, et echouee a Bangkok depuis bientot 8 ans, sans papiers ni reconnaissance officielle de la part des Nations Unies. Depuis 8 ans, elle attend une decision qui ne vient pas de la part de l'ONU. Depuis 8 ans, elle vit avec sa fille dans cette piece unique, dans la crainte fondee de voir les policiers thais sonner a sa porte et la menacer de prison si elle n'a pas quelques centaines de baths a leur avancer...
Les photos ne transmettent pas l'emotion du moment, c'est bien dommage... Pourtant, ce jour-la, apres peut-etre 5 ou 6 visites, cette jeune femme a decide de me faire partager un petit peu d'elle-meme et de sa culture, un petit bout d'Afrique qu'elle avait apporte avec elle : saviez-vous que les erythreens ont une tradition du cafe aussi ancienne que surprenante ? J'ai decouvert une autre facette de la convivialite et de l'hospitalite africaine, au travers le culte de cette boisson mais aussi du partage : les graines de cafe, blanches, sont tout d'abord grillees dans une spatule traditionnelle en bois, afin de prendre leur couleur noire brillante et leur arome puissant. Puis le cafe est fait poudre, avant de venir se meler subtilement a une eau frissonnante dans une cafetiere tres particuliere, faite des materiaux de "la-bas". Un encens est allume pour donner a cet instant une magie envoutante, et se melanger a l'arome de cafe pour nous faire oublier "tout". Comprenez ici : la Thailande.
Pendant ce rituel d'une vingtaine de minutes, je me suis egaree dans un pays nouveau que je ne connais pas. L' Erythree m'a offert un de ses secrets, au travers de Sofia, et de ses traditions millenaires. Peu importe le gout de la boisson, c'est le gout du partage que j'ai alors tant apprecie...
;-)
20 avril 2005
Lumpini, oh oui !
Bangkok... Tes 10 millions d'habitants font de toi parfois une cite fleuve, prise dans un courant ininterrompu de beton brulant, de gazs d'echappements et de grondements puissants. Tu vis a mille a l'heure, faisant eclater aux yeux de tes visiteurs d'un jour ton effrayante puissance, mais offrant a tes convives fideles un tourbillon envoutant et troublant. Tu pointes vers le ciel tes milliers de tours, et fait trembler les sols par ta perpetuelle danse. Tu t'es etendue au milieu de nulle part, dans une anarchie urbaine qui aujourd'hui me fascine...
Oui, Bangkok... Je l'aime ! Elle me met chaque jour au defi, celui de ma condition humaine et de ma petitesse entre ses murs infinis. Elle a su se faire detester, et changer cette haine en amour. Elle y a gagne en respect, et aujourd'hui, je l'admire... Ses paradoxes la rendent complexes, mais terriblement fascinante. Et quand je me perds dans sa jungle ou les arbres sont ponts, et les chemins, routes betonnees, qui c'est si ce n'est pas pour deboucher par une chance complice au plein coeur de son poumon. Car je sais qu'elle est humaine a sa facon, et qu'a cote de son coeur palpitant se trouve de ces lieux insolites qui font d'elle une majestueuse curiosite. J'ai trouve en son sein mon havre de paix. Au milieu de sa folie, un lieu ou le temps s'arrete pour des balades nonchalantes ou des parties d'echecs...
SUAN LUMPINI, mon Parc, tu es ma bouffee d'oxygene !!!
Bangkok a relativement peu d'espaces ouverts. C'est d'ailleurs ce qui donne a ce lieu hors-norme son originalite et sa virtuosite : situe a l'intersection de deux arteres majeurs de la ville, Silom road and Rama IV road, Lumpini est a la capitale thailandaise ce que Boulogne est a Paris : une etonnante bouffee d'air "pur" dans un chaos urbain. Plus vieux mais aussi plus populaire parc de la ville, il doit son nom au lieu de naissance de Bouddha au Nepal. A l'origine, ses 360 rai (58 hectares) de terres et son large lac en son centre etaient la propriete privee du roi Rama VI, connus sous le nom du "Domaine Sala Deang". En 1925 cependant, ce dernier en fit la donation a la Nation, dans le but d'offrir a la plus large population possible un espace commun.
Le parc entretient depuis son propre rythme de vie, et evolue en lui-meme au fil de la journee : son activite debute des les premieres heures du jour, lorsque des coureurs fideles s'y retrouvent pour leur jogging quotidien. Entre ces coureurs acharnes, vous trouverez egalement a l'ombre des palmiers les gracieux groupes de Tai Chi chinois, cette discipline apaisante qui mele musique reposante et mouvements de danse. Alors que le soleil s'eleve vers les sommets, des vendeurs installent peu a peu leurs etales de boissons et de nourriture, sans compter de multiples elixirs "miracles" dont les recettes restent etrangement secretes, mais cependant tres apprecies des Thais et des Chinois. L'apres-midi fait le bonheur des proprietaires des embarcations nautiques offertes a la location pour les promeneurs des bords du lac, et le week-end, des plages semblent se former, prextextes a une exhibition gratuite de Mr muscles tres surs de leur attractivite ! Mais les familles sont aussi les premieres beneficiaires des ces grands espaces verts et amenages, pour le plus grand bonheur de leurs enfants.
Le parc connait aussi quelques originalites offertes a ses visiteurs : citons par exemple "l'Ile Flottante" (!), ou Koh Loy, amenagee par le roi Rama VI dans un but educatif a l'encontre des passants en une tres belle vitrine de plantes, parmi les plus typiques du pays, ou encore la Clock Tower representative de l'infuence du style chinois, construite au coeur du parc en 1925. Je ne m'arreterai pas sans avoir parle de cette etonnante bibliotheque qui offre un puit de culture dans un moment de detente a tous les passants : contenant 30 000 livres et ayant recemment instaure un service d'education a l'audiovisuel, cet espace est la premiere bibliotheque publique du pays.
Etonnant mixage thailandais au sein de mon Lumpini... Thailande, tu me surprendras encore et toujours !!!
De quoi prendre son pied, non ??!!!! Sa Wad Dee ka ;-)
16 avril 2005
Le grand plongeon...!
2548…
A quoi correspond selon vous ce nombre ?! Quelques indices ?? Cela n’est ni le titre du prochain film de Luc Besson, ni un quelconque record sportif !! Allez, je vous aide : si je vous souhaite une tres heureuse Nouvelle Annee, vous tiltez ??! Et bien oui, il s’agit bien de l’annee actuellement en cours en Thailande !!! Etonnant, non ?!
Je sais que certains d’entre-vous ce sont deja lances dans des calculs savants : le calendrier thailandais est effectivement en avance de 543 ans sur le notre ! Cela s’explique le plus naturellement du monde cependant, ces deux determinants du temps ayant a voir avec la religion : si notre an 0 correspond a la naissance du Christ, se referrant a la religion catholique, c’est la naissance de Bouddha qui determine ce point de depart pour le people thailandais. Malgre cela, l’an 2005 est egalement usite en Thailande, pour toute les questions internationales notamment… Il est donc extremement intriguant de voir se cotoyer ces deux dimensions temporelles dans un meme quotidien ! Mais cela ne semble absolument pas troubler le fil de la vie du nonchalant people thailandais… Mai Pen Rai, je suppose : comprenez “ce n’est rien”, “pas de soucis”, expression fetiche que le thai moyen doit prononcer en moyenne 20 fois par jour !!!
L’occasion se presente a moi aujourd’hui de vous faire part de cette surprenante dualite, puisque nous venons tout juste d’achever les festivites du passage a cette Nouvelle Annee… 3 jours ou la Thailande toute entiere cesse de fonctionner pour se consacrer a une unique preoccupation : celebrer de diverses facons cette transition particuliere… Attention, la pudique Thailande se lache !
A l’origine fete profondement religieuse, elle reste evidemment l’occasion pour les familles de respecter la traditionnelle visite du temple et de se recueillir. Mais la celebration s’est peu a peu popularisee pour se concentrer sur le theme de l’ EAU, symbole de la purete retrouvee, qui passe maitresse le temps de ces quelques jours de liesse…
La, ma tache se complique pour vous faire comprendre l’ampleur de la chose… Prenons l’exemple de Bangkok, puisque c’est en son coeur que je me suis “plongee” litteralement dans son ivresse minerale ! Imaginez une ville de 10 millions d’habitants, entrant dans un ete intense et etouffant (43 degres jeudi…), cessant toute activites courantes pour se consacrer a l’unique jeu qui unit la ville entiere derriere un meme slogan : “que tout le monde se jette a l’eau”, ou encore “que de l’eau soit jetee sur tout le monde”! Une ville toute entiere qui s'arrose a grands coups des sauts d’eau (aussi bien bus, tuk tuk, taxis, passagers, chauffeurs, enfants, parents, grands-parents etc…!), c’est tout simplement INIMAGINABLE !!! Et croyez-moi, personne n’y echappe, sauf a rester enfermer chez soi ! Et ca, seuls quelques frileux s’y resignent… La fete est ge-ne-ra-le !!!
Certains quartiers, evidemment, sont particulierement reputes et recherches pour les amateurs acharnes de ces jeux d’eau… C'est le cas de Khao San Road, la rue la plus touristique et populaire de la ville, sans aucun doute. Et c'est evidemment la ou je me suis rendue pour une apres-midi de folie, bien entendu ! Des milliers de personnes s’y sont retrouvees, entassees les unes aux autres, detrempees jusqu’aux os, barbouillees de poudre blanche (je veux dire… totalement barbouillees !) dans un elan de bonne humeur generalisee, a s’entraider egalement pour “faire la peau” aux farlangs dont je suis… Pour une fois, c’est bien simple, j’aurai voulu etre thaie !!! Pas de pitie et pas le droit de se plaindre : “si j’aurai su, j’aurai pas v' nu” ! Vous voulez une preuve ??!!! ;-)
Ces deux clichés (pas terribles, desolee) sont malheureusement les seuls que j’ai pu tirer de mon appareil photo… Car mieux vaut etre prevenu si l’on tient a ses affaires, rien de ce qui ne depasse ne peux etre sauve !! Signe revelateur : mes billets de banque, soigneusement ranges au fin fond de mon portefeuille, lui meme emballe dans une sachet plastique, lui meme entoure d’une seconde couche protectrice, etaient humides lorsque je les ai recupere a la fin du carnage…! J'en profite cependant pour vous presenter Moritz, un copain allemand rencontre a mon arrivee en Thailande ! Et encore, la, on est relativement propre... sans doute venait-on de se prendre quelques sauts d'eau sur la tete pour se laver un peu !
J’invite chacun de vous a vous faire une plus claire opinion de l’ampleur de cette folie, cliquez ici (trouvez "festivites du mois", puis "avril", et enfin "a l'agenda de ce mois") ! Et je ne peux que vous encourager sincerement a aller jeter aussi un coup d’oeil sur les cliches de Nico… C'est une telle fiesta que jamais personne ne pourra connaitre SONGKRAN sans l’avoir reellement vecu ! Un privilege que je me garde donc, meme si j’espere vous avoir un minimum fait dresser les poils sur la peau... yen yen (l'eau, la plupart du temps, est gelee...) !
Happy Songkran a tous !
13 avril 2005
La ou personne n'a invente l'ecole...
Bonjour a tous !!
Me voila de retour a Bangkok apres une seconde semaine a Chiang Mai, centre cette fois-ci, dans le cadre de mon boulot. Au programme : aller a la rencontre des orphelins des bidonvilles de la ville, et soutien scolaire... Il faut savoir que ces enfants n'ont pas de nationalites precises, n'ayant le plus souvent pas ete reconnus officiellement lors de leur naissance. Ce "detail" est aujourd'hui la cause d'un probleme majeur en Thailande, pour ces populations hors-normes : sans papier et sans nationalite, la porte des ecoles, notamment Thaies, ne leur sont pas ouvertes...
Depuis que je suis arrivee ici, et plus precisement a NCCM pour mon stage, je me suis rapidement focalisee sur le probleme de la scolarisation des enfants de refugies, apres un "declic" et un coup de coeur lorsque je suis allee visiter des ecoles a Mae Sod, dans un camp de refugies birmans a la frontiere ouest du pays. Cela m'amene aujourd'hui a rentrer en contact avec des ecoles de Bangkok, afin de leur demander un soutien et l'accueil potentiel de ces enfants entre leurs murs... Completement deracines, certains de ces enfants, ages de 3 a 16 ans, ne recoivent plus de scolarisation depuis des annees, et d'autres n'ont jamais eu la chance de s'y rendre. Car il faut bien se rendre compte qu'au dela d'une education, l'ecole est susceptible de leur donner un equilibre de vie et une socialisation, avec des horaires qui rythment le quotidien, et des compagnons de jeux.
C'est cette raison qui m'a conduite a Chiang Mai a la rencontre de ces orphelins : NCCM possede la-bas un second office au sein duquel les deux responsables tentent d'organiser un minimum de scolarisation pour les enfants de bidonvilles de la ville. Maintenant que je sais de quoi il retourne, a moi de jouer pour trouver des idees et des contacts pour offrir a ces enfants le maximum de soutien possible. C'est un peu la regle dans le travail en ONG : libre cours a l'imagination et aux initiatives, seul le resultat effectif compte !
Vous me suivez ??! On est parti : Chiang Mai, semaine du 4 au 8 avril, Bienvenus a "l'Ecole"... Pas de chance, il a plu la veille, cela accentue encore plus la precarite des lieux. Remarquez tout de meme que nous sommes attendus !
Quelques petites frimousses pour faire oublier le reste !
Un peu de serieux, s'il-vous-plait ! On travaille, ici...;-)
Et quand l'ecole est finie... Petite pose pour la posterite !!!
Une facon de nous rappeler aussi que le systeme en France n'a pas que des defauts !
Sa Wad Dee ka ;-)
06 avril 2005
Pays de traditons
Toujours isolee (!) au Nord du pays, le moment est idealement choisi pour vous parler de ces traditions ancestrales qui font l'ame de la Thailande.
Particulierement dans la region de Chiang Mai et de Chiang Rai, ces activites a la fois artistiques et manuelles s'offrent a la decouverte des touristes, dans leur cadre naturel et au coeur de la vie des populations rurales qui en sont les gardiens. Car si la Thailande est, certes, un pays touristique, elle a egalement su faire se cotoyer modernite et authenticite : une foule d'endroits exotiques, sinceres et meconnus, sont en effet restes des havres de paix, emprunts de traditions immuables. Une rencontre avec des hommes et des modes de vie, pour qui saura aller a leur rencontre...
Les KARENS et la tradition du Tissage :
Les Karens, minorité ethnique habitant dans la région montagneuse de Chiang Rai, sont les gardiens d'une culture aujourd'hui quasiment disparue, devoree peu a peu par les developpements urbains et economiques. Cependant, les minorites susbistantes vivent encore de leur pratique traditionnelle, l'art ancien du tissage, toujours realise au sein d'un rythme de vie tribal, dans une immersion culturelle authentique et preservee.
Le tissage est une ancienne forme d'art que les femmes Karen ont su transmettre de génération en génération, et qui est ancrée dans leur culture. Celle-ci se manifeste notamment au travers du design de leur realisation. Les couleurs des tissus sont à l'image de la terre où vivent ces communautes. La legende veut que le talent d'une femme Karen pour le tissage soit un indicateur de ses futures qualites de mère et d'épouse. Et une jeune fille devient femme lorsqu'elle maîtrise enfin certaines techniques de tissage. Par consequent, on comprend que cet pratique du tissage est beaucoup plus qu'un art : c'est en effet toute la compréhension de la culture Karen qui s'en suit.
Les LAHUS et la fabrication de meubles en rotin :
La culture Lahu est le fait d'une minorité ethnique habitant dans une région montagneuse du nord de la Thaïlande. Le village est extremement restreint, compose d'une population d'à peine 200 personnes ! Situé à 25km de Chiang Rai, il ne beneficie ni d'électricité, ni d'un acces direct satisfaisant (la route asphaltée la plus proche est à 7 km...).
Malgre cela, vous seriez etonnes par l'habilite et la dexterite des hommes et des femmes formant cette population : ceux-ci sont parmi les seuls a etre encore capables de la maitrise de la sculpture des "tables kantoke", tissées avec des tiges de bambous, traditionnellement utilisées par les habitants du Nord de la Thaïlande, mais aussi tres recherchees par les touristes a la recherche de depaysement, et qui permettent a cette tribu de survivre encore de sa pratique traditionnelle.
La Danse traditionnelle des Doigts d'Or :
Enfin, il existe une de ses images de la Thailande pleine de subtilite et de douceur, pleine de maitrise et sensualite voilee...
Je n'ai encore rien vu de plus evocateur de cette Thailande-ci que ces splendides danseuses vetues d'or et de pailletrtes, maitrisants avec grace les gestes lents et subtils de la Danse des Doigts d'Or. Tradition royale plus que religieuse, la beaute de ces femmes et leur habilite sont autant de temoignages de la grandeur et de la richesse du pays.
Tres epuree et simple dans son apparence generale, cette danse se focalise sur les mouvements extremement controles des mains et des doigts, mis en valeur pour l'occasion par de longues tiges de feuilles d'or prolongant les ongles. Porte par une musique apaisante et tranquille, on se laisse vite hypnotise par ce spectacle ennivrant...
Entre Traditions artisanales, Arts et Maitrise de l'etre humain, une nouvelle facette de la Thailande, toujours plus fascinante !
02 avril 2005
Retour a la civilisation...
Bonjour a tous !!
Apres une longue semaine de silence, me voila de retour et apte a vous faire partager la suite de mes decouvertes thailandaises... J'espere que vous ne m'en voulez pas d'avoir ainsi disparu dans la nature... j'ai ete moi-meme la premiere surprise de ce changement de decors ! Je vous explique : dans la foulee du renouvellement de nos autorisations de sejour, tous les participants du programme AFS avec lequel je suis partie se sont retrouves pour une semaine de "vacation" tous ensemble... direction Chiang Mai ! Enfin... Chiang Mai dans mon esprit, en tout cas ! Quelque peu obsedee par mon boulot, je n'ai que furtivement parcouru le programme du camp... Persuadee, donc, de me rendre a Chiang Mai, et de trouver par consequent tout aussi facilement qu'a Bangkok des acces Internet, je n'ai prevenu quasiment personne de ma petite escapade ! Resultat : j'ai finalement atterri a Lamphun, loin de toute civilisation, si ce n'est traditionnelle ! Petite ville a 1h de Chiang Mai, Lamphun sait profiter de son isolement pour offrir a ses visiteurs ses secrets de detente... J'ai ainsi profite durant quelques jours du decors paradisiaque d'un SPA en pleine nature, et de toutes ses activites de detente... ;-)
Tout cela pour vous expliquer ce silence, et m'excuser aupres des personnes qui attendaient de mes nouvelles mais n'en ont pas eu...! Trouver Internet et encore mieux l'ADSL a Lamphun... j'ai fini par abdiquer ! Enfin, pour me faire pardonner, je vous ai selectionne une poignee de photos de ce sejour loin de la pollution de la capitale, et de tous mes etats d'ame du boulot... Pendant une semaine, j'ai vecu la Thailande rurale, oubliant pour un temps le quotidien des "refugies" de Bangkok :
Au coeur du SPA, des airs de musique legers et apaisant...
Le Nord de la Thailande : entre relief montagnieux et vegetation flamboyante...
Enserre entre le Myanmar et le Laos, le Nord doit son relief relativement eleve aux contreforts de l'Himalaya. Les montagnes couvertes de forets alternent avec les vallées verdoyantes, tapissees de rizieres et de vergers. La civilisation thaie s'est forgee en grande partie dans cette région, ou se succederent des royaumes aux traditions artistiques brillantes (nous y reviendrons !). Carrefour de populations et de civilisations, le Nord est aussi, plus generalement, la région du "Triangle d'Or", point de convergence des trois pays Thaïlande-Laos-Myanmar, baigne le Mekong.
De nombreuses tribus composent cette Thailande, et se sont installees dans les montagnes qui forment les frontieres. Pour ces populations, la vie est faite de deplacements et de traditions propres qui se transportent de place en place. Parmi elles, les Karens sont les plus connus, reputes pour leur savoir faire artisanal, travail de tissus et de perles...
Le Nord : entre villages eparses et images d'un autre temps...
... Une realite figee a la fois magnifique et effrayante : Comment vivre encore dans cette marche lente quand la civilisation moderne suit son rythme infernal a quelques kilometres de la...?
Enfin, Le Nord : une bonne occasion de relever mon defi !
Decidemment, a mon sens : l'Elephant, le meilleur compagnon de voyage !
Sa Wad Dee ka !